Haute Maurienne: Au refuge du Carro

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Le refuge du Carro détient un record: c’est le refuge le plus haut du Parc National de la Vanoise. D’ailleurs à 2 760 mètres d’altitude, c’est le plus élevé de Savoie. Une certaine logique voudrait que l’accès nécessite de franchir un dénivelé conséquent. Hé bien non: C’est un splendide sentier balcon qui vous y amènera en été, avec vue sur les glaciers de la Haute Maurienne.

Panorama des glaciers de l'Albaron

Le sentier balcon part du petit parking au pont de l’Oulietta, vers 2500 m. d’altitude. Ce parking est posé le long de la route du col de l’Iseran, versant Sud. Un autre sentier d’accès grimpe depuis l’Écot à Bonneval (Alt: 2 000 m.). Cet accès est sans doute plus rapide mais je doute qu’il offre la meilleure vue sur le paysage. Il pourra être emprunté au retour si vous avez ensuite un moyen de retourner au parking de l’Oulietta depuis Bonneval.

Ne vous fiez pas trop vite à l’apparente facilité de cette randonnée. Les quelques difficultés techniques de cette randonnée sont très classiques: petit pierrier, voire névés selon la saison. Rien de très compliqué. Cependant le trajet à parcourir de l’Oulietta au refuge du Carro est long (11 kilomètres à l’aller). Comme tout bon sentier balcon, il grimpe et descend régulièrement. Il accumule aller et retour compris un respectable 1100 mètres de dénivelé positif.

Il est généralement annoncé 4 heures de marche pour accéder par ce chemin au refuge du Carro, hors temps de pause comme toujours. C’est aussi le temps qu’il m’a fallu.

Élévation du parking de l'Oulietta au refuge du CarroDe l'Oulietta au Carro

Du parking au Lac du Pys

Depuis le parking de l’Oulietta, des panneaux indicatifs vous orientent parfaitement. Cette randonnée est connue et appréciée, et ce n’est pas pour rien. Comme signe de l’intérêt qu’elle suscite, il y a parfois entre 20 et 30 véhicules stationnés autour du parking de départ… qui ne peut normalement pas en accepter plus de 10. Le premier kilomètre de marche est le plus dur: car à froid, 200 mètres d’un dénivelé un peu raide qui aboutissent à un passage dans les cailloux. Le sentier disparaît alors sur une dizaine de mètres dans les éboulis, où il faudra poser un peu les mains pour avancer.

Sommet de l'Albaron

Au confluent des lacs noirs et blancs face à l'Albaron

La présence de névés peut compliquer encore un peu plus la progression. Après ces premières 45 minutes, la trace prend la forme qu’elle gardera jusqu’à l’arrivé: un sentier régulier, avec une vue spectaculaire sur les glaciers de la Haute Maurienne et le massif de l’Albaron. Vous traversez ainsi des paysages d’alpage arpentés par des troupeaux de moutons. L’herbe est rase et la prairie parsemée de nombreuses fleurs de montagnes.

On distingue de l’autre côté de la Maurienne le Cirque des Evettes, qui abrite le refuge éponyme, objet lui aussi d’une belle randonnée. Plusieurs plans d’eau s’offrent au regard du randonneur jusqu’au Lac du Pys (atteint après environ 2 heures 1/2 depuis le parking). De quoi se désaltérer pour peu de pouvoir filtrer cette eau. Mieux vaut pour cela attendre un peu de croiser quelques eaux vives. La vue change alors en s’ouvrant sur le fond de la vallée de la Maurienne, vers les sources de l’Arc.

En vue du refuge du Carro

A la moitié du parcours environ, le faux plat parcouru jusque là cède la place à quelques descentes et montées. Mais rien de très difficile. Les plus perspicaces (ou ceux équipés de jumelles) commenceront à distinguer le refuge du Carro au loin. Les 2 vallons qui restent à franchir sont descendus par des torrents. Ils offrent un nouveau spectacle vivifiant, voire rafraichissant. Le sentier parcourant l’adret de la vallée, le soleil peut vite réchauffer le randonneur malgré l’altitude et le vent.

Au confluent des lacs noirs et blancs face à l'Albaron

Les glaciers de l'Albaron

Encore une fois, des névés peuvent subsister jusqu’en juillet malgré le soleil. On est à plus de 2500 mètres d’altitude et le vent refroidit aisément l’atmosphère. Après le second vallon dit de “plan sec”, le paysage devient minéral. On approche du refuge qui se dévoile progressivement.

Le refuge du Carro est voisin de deux lacs: un Lac Blanc et un Lac Noir, séparés par un ressaut de cailloux haut d’une dizaine de mètres. Différentes pistes expliquent la différence de teinte entre ces deux lacs. Notamment que l’un serait plus profond donc plus sombre que l’autre. En prenant plus de recul et de hauteur (chose que je n’ai pas faite ici), vous aurez une très belle vue d’ensemble sur les 2 lacs, le refuge du Carro, et la Haute Maurienne.

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